Le Complexe de Kodos (par Saga)

Le Complexe de Kodos

Une Nouvelle écrite par Saga, publiée le 28 Avril 2011.

Le Complexe de Kodos

- " Distance de sécurité. Monsieur. "

- " Coordonnées 37.64.283, distorsion 6.0, en avant toute. " Ordonna Picard.

- " Coordonnées 37.64.283, distorsion 6.0. " Répondit Data en confirmation de l'ordre.

Ayant atteint un point du système solaire de Selcundi Dréma où il ne risquait plus d'être détecté par la planète Dréma IV, l'NCC 1701-D Enterprise disparut de l'espace einsteinien dans un éclat de lumière bleutée.

Depuis sa console, l'officier effectuait diverses vérifications inhérentes à son service. Ce simple travail de routine n'utilisant qu'un faible pourcentage de son potentiel positronique, il réfléchissait à ce qu'il venait de vivre sur Dréma IV, Ternis comme l'appelaient ses habitants.

Il s'interrogeait sur le fait que lui, un officier de Starfleet avait été contraint de violer la première loi de l'exploration spatiale et cela le perturbait.

Car même si elle avait été discrète, la violation de la Prime Directive était sans équivoque.

En contre partie, cette violation avait amélioré la vie des trois milliards d'habitants du système Selcundi Dréma.

Maintenant que l'Enterprise atteignait sa vitesse de croisière, il conclut que son action avait été positive et ressentit pour la première fois l'équivalent d'une émotion.

La fierté d'avoir fait le bien.

* * * * *


Sans ce soucier du bombardement ennemi, Sarjen courait à perdre haleine vers son domicile, il ignorait pourquoi il courait sur cette rue encombrée de corps déchiquetés. Il aurait dû être à son poste au QG de la défense.

Tout à coup, il se retrouva devant sa maison. Encore quelques mètres et il pourra mettre sa femme et sa fille à l'abri de l'envahisseur.

A bout de souffle, il entra chez lui.

- " Zinek, Sarjenka, où êtes-vous ? "

Pas de réponse.

- " Zinek, Sarjenka,......Zinek, Sarjenka,......"

Silence, rien que le silence, un insoutenable silence, que le bruit du bombardement orbital n'arrivait pas à occulter.

Fou de terreur, Sarjen se dirigea vers l'étage et la chambre de sa fille.

Arrivé à la porte, il la vit enfin, tranquillement assise sur son petit lit, lui tournant le dos.

- " Sarjenka !!! Que fais-tu ? Tu ne m'as pas entendu t'appeler ? Nous devons partir immédiatement et nous mettre à l'abri. "

Sa fille ne répondit pas. Il avança doucement vers le centre de la pièce lorsque Sarjenka se retourna brusquement.

Il recula effrayé, le visage de sa fille avait disparu, ne laissant qu'un crâne qui le regardait de ses orbites vides et doucement comme dans un film au ralenti, la bouche s'ouvrit.

- " Pardon Papa, pardon. C'est ma faute, c'est moi la responsable. Par pitié pardonne-moi. Pardonne-moi. Pardo...."

* * * * *


Sarjen se réveilla tout tremblant et trempé de sueur. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait un mauvais rêve. Alors pourquoi tant d'angoisse ?

Essayant de chasser les terribles images, il tendit la main vers la jeune femme couchée à coté de lui cherchant du réconfort à la chaleur de sa peau.

Rien.

Une fraction de seconde il crut être revenu dans son cauchemar, ensuite il se traita d'idiot, elle avait dû se lever et se rendre à la cuisine pour s'y désaltérer.

Maintenant tout à fait éveillé, il regarda l'horloge murale, trois heures, trop tôt pour prendre son service, trop tard pour espérer se rendormir. Et Zinek sa femme qui n'était toujours pas revenue.

En grommelant, il écarta les couvertures, se leva et après avoir vérifié que sa fille dormait paisiblement partit à la recherche de sa femme.

* * * * *


Contrairement à ce qu'il croyait tout d'abord, celle-ci n'était pas dans la cuisine mais était sortie sur la terrasse de leur habitation.

- " Alors Zinek, ma douce épouse, on souffre d'insomnie ? Il fallait me réveiller. Je connais plein de façons agréables de passer le temps. " Dit-il en l'enlaçant.

Zinek sursauta lorsqu'elle sentit les bras de son mari autour de sa taille. Elle se retourna brusquement regardant celui-ci comme s'il elle ne le reconnaissait plus.

- " Que se passe-t-il, ma chérie ? " Demanda-t-il, inquiet par l'étrange comportement de sa femme.

- " Tu n'entends donc rien ? " Demanda-t-elle d'une voix angoissée.

- " Non. C'est une nuit parfait..... "

C'est à ce moment qu'il comprit ce que voulait lui dire son épouse, ce n'était pas un bruit à proprement parler qu'elle lui demandait de reconnaître mais l'absence de bruit.

Sur Ternis le silence est quelque chose de relatif, toujours, et quelque soit l'endroit où l'on se trouve sur la planète l'on perçoit le bruit des éruptions volcaniques et des mouvements tectoniques provoqués par les réacteurs enfouis sur plusieurs dizaines de kilomètres en dessous de la surface juste à la limite du manteau.

Sans plus attendre, Sarjen lâcha sa femme et courut vers le communicateur mural. Il devait absolument se mettre en rapport avec le centre et savoir ce qu'il se passait.

Il n'en eut pas le temps, alors qu'il s'apprêtait à mettre le contact, celui-ci sonna.

Fébrilement Sarjen appuya sur le bouton de réception.

- " Sarjen, j'écoute ? "

- " Docteur, il faut venir immédiatement au centre, c'est une catastrophe. " Fit la voix paniquée de Parher son troisième assistant.

- " J'arrive immédiatement. En attendant, vous allez envoyer un message à la chancellerie, je veux le Chancelier et le Ministre de la défense en ligne dès mon arrivée. "

- " Le Chancelier ? " Demanda l'assistant visiblement dépassé par les événements.

- " Le Chancelier et le Ministre de la défense. J'en prends l'entière responsabilité. "

- " Bien, docteur. " Répondit Parher avant de couper la communication, enfin soulagé qu'un autre que lui prenne la direction des opérations.

* * * * *


Dans la navette qui l'amenait vers le centre de contrôle, il réfléchissait à la situation.

Tous les réacteurs s'étaient éteints brusquement et en même temps.

Panne technique ? Impossible, les réacteurs étaient vitaux pour la survie de la planète. Tous les circuits étaient multipliés par dix, les réseaux complètement indépendants et sous constante surveillance.

Phénomène naturel ? Idiot. Ou alors la physique quantique n'obéissait plus à ses propres lois.

Les pics de puissance programmés ces dernières semaines ? Pas plus logique, même si cette procédure indispensable à intervalles réguliers était délicate, son équipe était parfaitement rodée à celle-ci.

Une surcharge du réseau ? Ridicule. Dans ce cas nous serions déjà tous morts.

Une intervention de l'ennemi ? Possible qu'il ait mis au point une technologie de neutralisation. Mais alors pourquoi ne pas avoir profité de l'effet de surprise et directement attaqué ?

Et si l'ennemi n'y était pour rien ? Qui avait provoqué cette panne générale ? Et combien de temps avait-il pour relancer les réacteurs ?

Il en était là de ses questions lorsque le pilote automatique le fit atterrir sur le toit du centre de contrôle.

Avant même l'arrêt complet des moteurs, Sarjen sortit de la cabine et se dirigea vers l'ascenseur où l'attendait Salineik, sa première assistante ; il allait bientôt avoir de nouvelles informations.

- " Plaise aux dieux qu'elles soient bonnes. " Murmura-t-il en se dirigeant vers l'ascenseur.

* * * * *


- " Ce que tu me dis là, est impossible, tu t'es trompé. " Dit Sarjen une fois que Salineik lui ait fait son rapport.

- " Non Sarjen, j'ai fait faire trois vérifications dans les différents secteurs et me suis occupée personnellement de notre secteur. L'arrêt des réacteurs est dû à une modification au niveau sub-atomique des cristaux de dilithium. "

- " Impossible. "

- " Pourquoi ? Nous avons déjà fait des expériences sur la mutation des cristaux, il est établi qu'il est possible d'en modifier les caractéristiques primaires. "

- " En laboratoire et sur des quantités infimes. Ici nous parlons d'une mutation à l'échelle planétaire et sur une période ne dépassant pas quelques minutes. Aucune force n'a ce pouvoir. "

- " Aucune force naturelle. Mais il peut s'agir qu'un acte de sabotage ? "

Sarjen et son assistante en étaient là de leur discussion lorsque le bipeur du bureau résonna.

- " Oui ? " Demanda brusquement Sarjen.

- " Le Chancelier ainsi que le Ministre de la défense viennent d'atterrir. " Fit une voix féminine.

- " Faites les conduire directement dans la salle de contrôle. Je les rejoins. " Répondit Sarjen en lâchant le bouton de l'interphone sans se préoccuper le moins du monde du manque de respect de son attitude envers les deux plus importantes personnalités de la planète.

- " Viens. " Ajouta-t-il en se tournant vers son assistante. " Nous ne serons pas trop de deux pour les convaincre de lancer l'opération Chevalier Noir. "

- " Nous en sommes là ? " Demanda t'elle.

- " J'en ai peur. Et que les dieux nous pardonnent pour ce que nous allons faire. " Répondit Sarjen.

* * * * *


Dans la salle de contrôle de la défense planétaire, le Chancelier s'opposait farouchement à la demande du Docteur Sarjen d'armer Chevalier Noir.

- " Docteur vous êtes fou ! Vous rendez-vous seulement compte de ce que vous me demandez ? Chevalier Noir est la pire des abominations que nos savants n'ont jamais mis au point, que penserait l'histoire si je vous permettais une telle chose ? "

Le Docteur allait répondre tout aussi vertement au Chancelier lorsque le Ministre de la défense, qui jusque-là n'avait encore rien dit, leva la main pour l'interrompre.

- " Bertlora, " Dit-il au Chancelier en l'appelant par son nom à dessein. " Nous sommes de vieux amis toi et moi, cela fait maintenant plus de quarante ans que nous gravissons pas à pas tous les échelons du gouvernement, nous avons fait la grande guerre ensemble, nous étions côte à côte lorsque nous avons repris notre capitale à l'ennemi et nous avons continué ensuite jusqu'à aujourd'hui et je peux te l'avouer à aucun moment je n'ai eu le moindre regret, sauf aujourd'hui. "

Le ministre se tût trois secondes le temps de reprendre son souffle puis reprit.

- " Oui, aujourd'hui je regrette mes choix, j'aimerais ne pas avoir choisi d'embrasser la carrière politique, je serais chez moi dans l'ignorance des événements et ce serait à d'autres que nous de prendre cette décision. Seulement ce n'est pas le cas, c'est nous qui sommes aux commandes et c'est à nous que revient cette responsabilité. Je sais parfaitement que cela nous damne pour l'éternité. Mais avons-nous le choix ? Rappelle-toi Bertlora ce qu'ils ont fait à notre peuple et ce que nous avons été obligés de faire pour nous en libérer. "

- " Mais,.... il doit exister un moyen,..... nous les avons vécus une fois, nous pouvons recommencer..... Docteur ? " Dit le Chancelier en se tournant maintenant vers le Sarjen.

- " Non, Chancelier. Seule l'explosion de la cinquième planète a permis de couper temporairement la route de nos ennemis, ensuite les premiers réacteurs furent construits pour les empêcher d'amener de nouvelles troupes et malgré cela, il nous a fallu près de deux siècles pour reprendre nos territoires. La situation n'est plus la même que lors de la grande guerre, nous n'avons plus de planète à sacrifier. "

Sarjen se tût laissant au Chancelier le temps d'assimiler ses paroles, mais le silence s'éternisait, celui-ci hésitait encore, terrorisé par ses responsabilités.

- " Monsieur, " dit Salineik, " Les ondes sub-spatiales générées par les réacteurs étaient la seule chose qui empêchait l'ennemi de revenir et de finir leur abominable travail de destruction. Nous ignorons encore pourquoi les cristaux indispensables à leur fonctionnement ont muté, mais toutes nos ressources pointent maintenant vers un seul but. Inverser le processus afin de remettre en route notre système de défense le plus rapidement possible. J'ignore le temps qu'il nous faudra pour remettre celui-ci en fonction et en attendant Chevalier Noir est notre seule option. Chancelier nous avons besoin de lui ! "

- " Avons-nous le droit de faire courir un tel risque a la population ? "

- " Non seulement le droit, mais également le devoir. Je suis la mère de deux enfants, une fille et un garçon qui sont ma seule raison de vivre et pourtant je les sacrifierais sans hésiter pour empêcher le retour de l'ennemi. Et pas seulement pour notre peuple mais aussi pour le reste de la galaxie. "

Le Chancelier réfléchit encore quelques secondes, ébranlé par les paroles de la jeune femme, puis sortit de sa poche une petite carte plastifiée et la lui tendit.

- " Quatrième ligne, cinquième colonne. "

Elle prit délicatement la carte et entreprit de recopier le code d'accès du Chancelier sur la console principale. Ensuite ce fût au tour de Ministre de la défense et du docteur Sarjen.

Des que l'ordinateur eût reçu et confirmé les différents codes d'accès il prit le relais et initialisa Chevalier Noir.

* * * * *


Ternis eût deux ans de sursis. Deux ans pendant lesquels Sarjen et son équipe travaillèrent jour et nuit afin de remettre en service la chaîne de réacteur planétaire sans toutefois y arriver.

Le premier signe du retour de l'ennemi fut une brusque poussée d'énergie exactement à l'endroit où il avait jailli la dernière fois.

Ensuite ce fut l'invasion, trois vaisseaux, qui immédiatement mirent le cap sur la planète.

Le centre de contrôle n'eût aucune difficulté à reconnaître ceux-ci. Contrairement à toutes logiques, ils n'avaient en rien changé.

Chevalier Noir n'attendait plus maintenant que le dernier signal pour lancer l'attaque.

Celui-ci arriva moins de trois minutes après l'émergence des vaisseaux, Chevalier Noir réagit immédiatement, le dernier acte de cette pièce maudite allait maintenant se jouer.

Des centaines d'endroits disséminés avec précision sur la planète, de multiples réactions en chaîne furent déclenchées sur le cœur nucléaire de la planète, immédiatement celle-ci commença à s'effondrer sur elle-même dans une gigantesque implosion.

Arrivée au seuil critique, une singularité quantique, plus connue sous le nom de trou noir s'ouvrit et commença à avaler tout ce qui trouvait à sa portée.

Débris de planète, satellite, soleil et bien entendu les vaisseaux ennemis furent ainsi absorbés en même temps que les autres corps célestes du système Selcundi Dréma.

Ensuite lorsqu'il n'eût plus rien à absorber, la singularité commença à se déplacer vers le point d'émergence des vaisseaux et y disparut.

Comme les savants de Ternis l'avaient calculé, elle emprunta les couloirs de trans-distorsion de l'ennemi en continuant son oeuvre de mort.

Alors que le message envoyé par l'envahisseur continuait son voyage dans l'éther, seul et dernier témoin de cette tragique comédie.

Nous sommes Borg, apprêtez-vous à être assimilés, toute résistance est futile.
F I N

Commentaires sur cette Nouvelle1 Commentaire

SlakkHors LigneSlakk,  le 28 Avr. 2011 à 23H29'  pas mal du tout!
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