Feu de camps (par Saga)

Feu de camps

Une Nouvelle écrite par Saga, publiée le 19 Septembre 2010.

Feu de camps

Journal de bord du Capitaine Jonathan Archer, date terrestre 2157.
- " Contrairement aux dires des ingénieurs, les processeurs atmosphériques du vaisseau ne sont pas aussi fiables et parfaits que spécifié sur le cahier des charges de l'Amirauté. Ce problème, sans mettre en danger notre mission, provoque de nombreuses allergies et
complique notre travail. Avec l'approbation du grand quartier général et l'aide de la nomenclature Vulcaine, nous avons mis le cap sur NMV 589625, une planète de type
M dépourvue de toute vie intelligente afin de renouveler intégralement l'air du vaisseau.
L'opération devant prendre quarante-huit heures, et afin d'éviter à l'équipage l'inconfort du
port permanent des scaphandres, j'ai donné permission aux hommes non indispensables.
Deux jours à l'air libre leur feront le plus grand bien. "


* * * * *

Le campement avait été dressé sur un vaste plateau herbeux dans l'hémisphère correspondant à l'été sur cette planète. La température était agréable et la nuit venue, les membres d'équipage s'étaient regroupés suivant leurs affinités en petit groupe autour de plusieurs feux de camps.
C'est autour de l'un de ces feux de camps que le pilote Travis Mayweather, la linguiste Hoshi Sato, le docteur Phlox, le Sous-Commandeur Vulcain T'Pol, et l'Officier tacticien Malcolm Reed parlaient de choses et d'autres.
- " Quand je pense à notre pauvre Capitaine et à Trip qui sont obligés de rester à bord en tenue spatiale, je ne peux m'empêcher de ressentir une légère honte. " dit Hoshi.
- " Cela n'a aucun sens Enseigne, Monsieur Tucker devait rester à bord avec son équipe pour procéder au renouvellement de l'atmosphère et c'était le devoir du Capitaine de rester avec eux. Vous n'y pouvez rien et de ce fait, votre honte est injustifiée. " dit T'Pol.
- " Je le sais bien, mais contrairement au vôtre, l'esprit humain peut ressentir de la compassion pour des camarades moins chanceux. "
- " C'est ce genre d'émotion qui freine votre évolution. "
Voyant qu'elle n'aurait pas le dessus dans cette discussion avec la Sous-Commander, Hoshi préféra changer de sujet.
- " Au moins il nous a confié Portos. "
En entendant son nom, le petit beagles du Capitaine se redressa et regarda tour à tour les campeurs dans l'espoir d'une friandise.
- " Regardez ce ciel ! Nous sommes les premiers humains à le contempler.  Lorsque je suis rentré dans l'Amirauté et que je me suis porté volontaire pour la mission NX, j'avais l'esprit plein de récits héroïques et malgré toutes nos aventures, c'est ce genre de spectacle qui me ravit le plus. " dit Malcolm
- " Votre poésie ne vous a pas empêché de poster des gardes autour du camp, malgré qu'il n'y ait que calme et douceur sur cette planète. " remarqua Travis
- " Enseigne, la paix n'est jamais qu'une période plus ou moins longue de calme entre deux combats. " répondit l'Officier Tacticien.
- " Votre vague à l'âme ne vient que du fait que vous êtes nouveaux dans l'espace, ma famille y est présente depuis plusieurs générations et je peux vous dire que l'on se lasse de tout. "
- " Pourtant vous aussi, vous vous êtes porté volontaire pour cette mission."
- " En effet et je ne le regrette pas, bien que pendant mes études sur terre, j'aie pensé laisser l'affaire à mon frère et me sédentariser. "
- " Et qu'est ce qui vous a fait changer d'avis ? " demanda Hoshi.
- " D'abord la perspective d'être le premier terrien à piloter un vaisseau en distorsion cinq, ensuite une étrange aventure qui m'est arrivée pendant ma deuxième année d'étude à Paris. "
Travis s'arrêta quelques secondes comme plongé dans ses souvenirs.
- " Ah non ! Vous en avez trop dit maintenant. On veut la suite. " dit Malcom.
- " Cela risque d'être ennuyeux. "
- " Allez ! Ne vous faites pas prier comme une grande coquette. L'histoire nostalgique fait partie de la tradition du feu de camps, à même titre que le marchmalow. "
- " Marchmalow ? " demanda T'Pol à Hoshi
- " Une sucrerie terrestre que l'on fait griller aux feux de bois. "
La Sous-Commander leva un sourcil et classa mentalement l'information, catégorie coutume terrienne bizarre.
Travis, lui, avait pris sa décision et commença son histoire.

* * * * *

Comme certains le savent peut-être déjà, j'ai fait mes études à Paris.
L'Université de l'ancienne capitale française est l'une des rares à garder une bibliothèque. Une vraie bibliothèque avec de vrais livres, en papier.

- " Les Européens ont toujours été passéistes. " dit Malcolm
- " Chut... " lui répondirent les autres en cœur.
Les livres m'avaient toujours semblés être les dépositaires d'un savoir et d'une magie bien supérieurs à leur simple contenu. J'aimais beaucoup m'y isoler pour étudier.
Jamais encore ma passion pour les vieux livres ne m'avait entraîné dans une aventure romanesque. Non pas que j'y sois hostile, loin de là. Mais jusqu'à présent celles-ci avaient toujours eu comme cadre une chambre de l'université ou un bar et non la grande bibliothèque de Paris.
Ce jour là je m'y étais rendu pour consulter l'histoire de la littérature révolutionnaire lorsque je tombai par hasard sur un papier bleu plié en quatre et caché entre deux pages du volume.
L'ayant déplié, je fus néanmoins incapable de le lire tant les caractères m'étaient étrangers.

- " Cela n'a rien d'étonnant, avec Buenos Aires, Paris compte la plus grande proportion d'étudiants extra-terrestres. " dit Hoshi
C'est ce que je me suis dit. Je remis donc le papier à sa place et le livre sur l'étagère. Lorsque la jeune fille entra dans la salle.
- " Elle était comment ? " demanda Malcolm.
- " Chut ! " firent les autres.
- " Quoi, chut ! C'est injuste lorsque c'est moi qui parle, c'est Chut et lorsque c'est Hoshi, vous ne dites rien. " ajouta Malcolm avant de se taire enfin.
Disons tout de suite que lorsqu'elle entra dans la salle, les vénérables livres qui s'y trouvaient perdirent beaucoup de leurs attraits. Elle me fit sans doute le même effet que fit Hélène de Troie à Pâris lorsqu'il eut son coup de foudre et décida de l'enlever. Elle était grande avec des cheveux couleur de jais et de lumineuses prunelles bleues. Son galbe avait la pureté classique d'une statue grecque, alors, comme Pâris brillait par son absence, je décidais que je le remplacerais avantageusement.
Elle alla jusqu'au comptoir de la bibliothécaire, y déposa un volume et se dirigea vers la section littérature où je me trouvais. Aussitôt je me plongeai dans la lecture du premier livre qui me tomba sous la main, mais continuai à la suivre à la dérobée.
Elle arriva à la lettre L, s'arrêta, prit un livre, le feuilleta rapidement, puis le remit sur son rayon. Elle continua son manège pour les lettres suivantes, à R elle était à moins d'un mètre de moi. Elle prit l'histoire de la littérature révolutionnaire. Je n'en croyais pas mes yeux, en moins de deux minutes j'avais découvert un message mystérieux et son destinataire.
Au bout d'un moment et après avoir consulté d'autres livres de la même furtive façon, elle en choisit un apparemment au hasard et l'emporta vers le comptoir de la réception. Elle y attendit dans une pose sculpturale que le préposé ait enregistré son choix et sortit, le livre sous le bras pour disparaître dans la nuit.
Dès qu'elle fut partie, je repris l'histoire de la littérature révolutionnaire.
J'avais vu juste, la feuille de papier avait disparu.
Était-ce un message en code secret ou simplement les notes oubliées d'un étudiant extra-terrestre ?
Auprès du préposé de la bibliothèque, je réussis à connaître le nom de l'inconnue, Marlène Durant, difficile de faire plus anonyme en France.
En sortant de la salle, je me dis que je devrais réfréner un peu de mon imagination. Même en considérant que le message était bien à l'intention de cette Marlène Durant, il s'agissait probablement d'un mot de son petit ami. De plus la chance de la rencontrer de nouveau était des plus faibles.
Et bien je me trompais.


* * * * * * *


Travis s'arrêta le temps de boire un peu d'eau. Aucune des personnes présentes ne parla, tous attendaient la suite avec impatience.
La deuxième fois que je la vis, elle n'était pas avec ce petit ami hypothétique, mais avec une amie. Grande, souple, féline, si j'avais comparé la première à Hélène de Troie la seconde me fit aussitôt penser à Diane, la chasseresse.
Depuis la position stratégique offerte par ma table de lecture, je les vis se diriger comme par hasard vers les étagères où je l'avais vue la première fois.
Là, elle et son amie recommencèrent le même manège.
Après son départ, j'allais directement feuilleter le volume. Un autre papier de couleur jaune s'y trouvait tout aussi indéchiffrable que le premier, mais cette fois-ci je me rendis vers l'unité de transcription et en pris une copie, après tout il existait une section linguistique à l'université et ce message n'était peut-être pas tout à fait indéchiffrable. Muni de mon trésor et après avoir
remis l'original en place, j'allais voir un camarade d'étude spécialisé dans les langages extra-terrestres.
A lui non plus l'écriture ne disait rien et nous nous séparâmes après qu'il m'ait promis de le faire voir à son professeur de linguistique. "


* * * * * * *


Nouvelle pause et nouveau silence du public. De toute évidence et malgré son jeune âge Travis savait capter l'attention.
La troisième fois que je l'ai vue, c'était dans l'un des petits bistrots ceinturant l'Université.
Je décidai d'appliquer l'Opération Sucre Répandu qui m'avait si souvent réussi. Il s'agit d'un procédé fort simple. D'abord vous repérez la position des saupoudreuses de sucre, puis après avoir commandé un café sans sucre, vous vous installez de telle façon que votre future victime se trouve entre vous et le plus proche de ces objets. Une fois servi, et que le barman se soit éclipsé, vous demandez à la jeune fille d'avoir la bonté de vous passer le sucre.
Lorsqu'elle s'exécute, vous vous arrangez pour laisser glisser un peu de son contenu sur les genoux de la fille. Le reste n'est qu'une question de bagou.
Moins de dix minutes plus tard, j'avais en poche son numéro d'appel et la promesse qu'elle viendrait demain dans le petit appartement que je partageais avec deux autres étudiants. A l'époque je fus content de ma performance, mais avec le recul, je me dois d'être honnête, je m'étais fait piéger.
Deux jours plus tard, après avoir envoyé mes colocataires faire un petit tour à l'extérieur, je me préparais à recevoir ma nouvelle conquête. Je pavoisais littéralement.
Elle arriva à l'heure dite, elle était encore plus belle et plus grande que dans mon souvenir qui ne remontait qu'à quarante-huit heures.
La soirée fut exquise à tous points de vue et lorsqu'elle me quitta le lendemain matin j'étais plus amoureux que je ne l'avais jamais été.


* * * * * * *


Dans le courant de la journée, mû par le désir de la revoir le plus rapidement possible et n'ayant pas envie d'attendre la soirée et le rendez-vous fixé, je me rendis à la bibliothèque avec l'intention de lui faire une surprise.
Comme je m'y attendais, elle y était, mais pas seule.
Elle était accompagnée de deux autres jeunes femmes différentes de celle que j'avais déjà vue en sa compagnie mais encore plus belles si cela était possible. Je n'aurais jamais cru possible l'existence d'un tel groupe de femmes parfaites et pourtant elles étaient là, la première était typiquement asiatique avec de fins yeux verts, l'autre avait la peau aussi noire que ses yeux, le tout mis en valeur par une courte tunique de couleur rouge.
C'est à ce moment que les premiers doutes commencèrent à percer ma carapace d'amoureux béat.
Je décidais donc de ne pas me faire voir et d'attendre notre rendez-vous du soir.


* * * * * * *


Sans savoir pourquoi, l'idée d'un simple jeu d'étudiante me tourna dans la tête jusqu'à ce qu'elle devienne " Organisation étrangère à la Terre et hostile à celle-ci. "
Cela me fit passer une très mauvaise journée. Mais lorsque le signal de la porte résonna, j'avais retrouvé mon calme.  J'allais ouvrir et elle entra en murmurant un discret "Bonsoir".  Je l'aidai à enlever sa cape et eus un mouvement de recul tandis que mes yeux faillirent me sortir de la tête quand je vis la façon dont elle était habillée. Tout le haut de son corps était nu. Ses longs cheveux noirs retombant sur sa peau blanche et nacrée.
Depuis notre première nuit, j'avais pu déjà admirer ses formes parfaites mais de la revoir de nouveau à ce moment précis me laissa sans voix.
Pour me donner une contenance, je me dirigeai vers le petit bar et nous servis à tous deux un verre de whisky.


* * * * * * *


Les camarades de l'Enseigne Travis Mayweather étaient maintenant tellement pris par le récit du pilote qu'il leur semblait être à coté de lui dans le petit appartement parisien et de percevoir avec leurs propres sens les évènements.
- " J'admire ta jupe. Je n'ai jamais rien vu de pareil. "
- " Merci elle vient de mon pays. Cette qualité de tissu ne se trouve pas
par ici. Tâte-le. "
- " C'est plus doux que de la soie..... Tu veux autre chose ? "
- " Merci... Quelque chose ne va pas Travis ? "
- " Non, tout va bien, pourquoi ? "
- " Tu as les mains qui tremblent. "
- " Je ... Je crains que ta présence n'en soit la cause, Marlène. "
- " Ton alcool est délicieux et c'est gentil chez toi, je m'y verrais bien passer beaucoup de temps, avec toi. "
- " Mais je l'espère bien. "
- " Bien qu'une telle conduite, m'a-t-on dit, est moralement répréhensible sur la Terre. "
- " Cela dépend. Mais ici nous sommes en France et à l'Université. La morale y est plus élastique. "
- " Merci... Tu ne m'as pas encore dit comment tu trouves mon parfum.
Peut-être parce que tu ne t'es pas encore approché de moi depuis que je suis ici."
- " Il est... Il est aussi adorable que tes cheveux. "
- " Alors viens et embrasse-moi. "
- " C'est que j'ai commandé un souper à l'un des meilleurs traiteurs de la capitale et il doit venir le servir à neuf heures. "
- " Appelle. Et demande-lui de nous le servir à dix heures trente. "
Le lendemain matin j'étais encore sur mon nuage lorsque je fus réveillé par le signal d'appel du visiophone.
C'était mon camarade, l'étudiant en linguistique qui m'appelait concernant le document que je lui avais donné quelques jours plus tôt.
Il l'avait donné à consulter à différentes sommités et tous étaient formels : l'écriture leur était complètement inconnue et il me demandait de passer à la section linguistique pour avoir d'autres détails sur cette affaire.
Je le remerciai de ses recherches et coupai le contact.  J'étais tellement absorbé par ce mystère que je n'avais pas entendu que Marlène s'était levée et se trouvait derrière moi.
- " Et maintenant ? " demanda-t-elle.
- " Quoi ? Oh ! Tu étais là ? Tu as entendu ? " demandais-je à mon tour.
- " Oui, j'ai entendu. "
- " Que disait le message ? "
- " Montre le moi. "
Je me levais, pris mon padd, y fis apparaître le texte et lui tendis.
Après quelques secondes elle me répondit.
- " C'est une demande de matériel, Ar'Nika a besoin de tel-mol. "
- " C'est quoi le tel-mol ? Et qui est Ar'Nika ? "
- " Ar'Nika est l'une de mes amies et le tel-mol c'est .... Difficile à expliquer. Le mieux est que je te montre, habille-toi. "
- " Pourquoi ? "
- " Je vais aller en chercher, tu verras par toi-même et par la même occasion, je te présenterai à mes parents. "
Je sais ce que vous allez me dire, le piège était grossier, mais j'étais amoureux et donc aveugle à la logique la plus élémentaire.
Nous descendîmes tous deux et prîmes l'un des petits taxis automatiques toujours disponibles à la lisière du campus.
Elle programma la destination et s'assit à coté de moi.
- " Depuis combien de temps lis-tu mon courrier ? "
- " Depuis la veille de notre rencontre. "
- " C'est pour cela que tu as renversé le sucre ? "
- " En partie. Qu'est-ce qu'un tel-mol ? " demandais-je de nouveau.
Elle se mit à rire en me répondant que je le saurais bientôt.
- " Mais si cette Ar'Nika en avait besoin, pourquoi ne pas tout simplement te le demander par visio ? "
- " À cause de la tradition. Mais ne t'en fais pas. Tu sauras tout bientôt. "
Le petit taxi avait pris la direction de l'est et filait à plus de trois cents sur la voie rapide en direction des Ardennes, une zone forestière.
Pendant le voyage et tout à mon nouvel amour, j'essayais de trouver des explications à son comportement.
Je me disais que j'avais été bien stupide de croire à une conspiration ou à une mystérieuse société secrète alors qu'il ne s'agissait que du respect de tradition sans doute liée à l'histoire de cette région.  Tout s'arrangeait pour le mieux et bientôt je ferais la connaissance de ses parents.
Ses parents. Le sens implicite de cette rencontre anesthésiait complètement mes facultés intellectuelles et le voyage continua pendant encore une heure ; enfin le taxi sortit de la voie rapide et par des chemins plus anciens, gagna une ancienne bâtisse en briques isolée en pleine forêt.


* * * * * * *


- " Nous sommes arrivés. Viens, descends et suis-moi. " dit-elle.
J'entrai à sa suite dans l'aile principale du bâtiment et la suivis jusqu'à une grande salle.
- " Nous sommes chez tes parents ? "
- " Non. Ce n'est que le dernier relais et nous allons maintenant utiliser un autre moyen de transport qui demande un peu de discrétion. "
- " Quel moyen de transport ? "
- " Un téléporteur inter-stellaire. "
- " Un téléporteur ! Mais c'est encore à l'état de prototype. "
- " Pour ton peuple oui. Pour nous c'est l'idéal. "
- " D'où viens tu ? "
- " D'un système stellaire situé à cinquante-quatre années lumière de cette planète. C'est là, sur Teusika que nous allons toi et moi. C'est là qu'habitent mes parents. C'est ce que tu veux. N'est-ce pas ? "
- " En d'autres termes tu es en train de me kidnapper. "
Elle secoua la tête avec véhémence.
- " Jamais de la vie ! Je n'enfreins ni la loi de ma planète, ni la tienne.
C'est toi-même et de ta pleine volonté qui va m'accompagner. "
- " Il doit y avoir quantité d'hommes sur Teusika. Alors pourquoi moi ? "
- " Il n'y a plus d'hommes sur ma planète. Du moins d'hommes originaires.
Il y a plusieurs milliers d'années, une étoile proche de notre système solaire a explosé, elle a libéré des radiations nocives qui ont détruit la presque totalité de notre race. Les seuls petits noyaux qui survécurent étaient uniquement composés de femmes, les hommes avaient tous disparu, nous avons été obligées pour ne pas complètement disparaître, de nous reproduire par clonage, mais cette technique, si elle permit à notre civilisation de survivre en éliminant bon nombre d'imperfections génétiques, a ses limites. Nous avons été obligées de rechercher
une autre race susceptible de renforcer notre patrimoine génétique. "
- " Pourquoi la terre ? "
- " Tout d'abord vous êtes génétiquement compatibles avec nous, ensuite vous êtes juste au bon niveau sociologique, du moins d'après nos savants. "
- " Et tu m'as choisi. "
- " Non. "
- " Non ? "
- " Non. Nos lois nous imposent certaines contraintes. D'abord de nous montrer discrètes. C'est pourquoi nous utilisons la bibliothèque et ce moyen de communication, il est tellement archaïque qu'il en est invisible à la grande majorité des terriens. Ensuite nous cherchons des hommes seuls, sans famille, sans attaches, sans amis, des hommes prêts à nous suivre sans poser de questions et cela n'est pas ton cas. "
- " Alors pourquoi moi ? "
- " Parce que tu as compromis notre sécurité. Et j'ai honte de le dire mais je vais être obligée de te mettre le marché en mains. Ou tu me suis sur Teusika de plein gré ou nous serons obligées de te faire disparaître. "
Tout en parlant, elle sortit de la poche de sa veste un petit tube semblable à un tube de rouge à lèvres et le pointa sur moi.
Ses dernières paroles et son comportement ne laissaient aucun doute, il s'agissait d'une arme.
- " Je suis désolée Travis, mais tu dois maintenant prendre une décision.
Tu m'accompagnes ou pas ? "
- " Quelle valeur aurait un engagement fait sous la menace ? "
- " Aucune, mais j'aurais respecté les lois de mon univers. "
- " Et de l'autre côté, quel sera mon sort ? "
- " Tu seras libre et officiellement notre mari à moi et à une douzaine de mes compagnes. "
- " Et si je m'évade et reviens sur terre ? "
- " Impossible une fois passé, ton code ADN sera enregistré dans le système de téléportation stellaire et il te sera impossible de l'utiliser pour revenir ici. "
- " Vous avez tout prévu ? Je crois qu'il va me falloir accepter ta proposition. "
- " J'en suis heureuse, tu verras, la vie des hommes est agréable sur Teusika. "
- " Que dois-je faire ? "
- " D'abord boire ceci. " me dit-elle en me tendant une bouteille verte. "
C'est du tel-mol, cela mettra tes cellules sous contrôle magnétique, sans cela, tu te désintégrerais pendant le trajet. "
Ma décision était prise, je lui pris la bouteille des mains et fis mine de boire. Confiante en mon apparente soumission, elle baissa une seconde sa garde.
Cela me suffit. Je lui lançai la bouteille au visage et courus vers l'extérieur.
Quelques instants plus tard, j'étais sorti de la maison et j'atteignais le bois lorsque je sentis une vive douleur dans le dos et tombai dans un ravin.


* * * * * * *


Travis se tut encore une fois pour boire. Maintenant tout le monde dans le camp était pendu à ses lèvres, même les bruits naturels semblaient avoir disparu.
- " Et ensuite ? " dit enfin Hoshi qui n'en pouvait plus d'attendre.
Ensuite rien, lorsque je revins à moi, j'étais couché dans un lit à l'infirmerie du campus. D'après les docteurs, on m'avait trouvé au bord de la route et j'étais victime d'une forte commotion.
J'ai bien sûr fait une déclaration aux forces de police mais il n'a pas été possible de retrouver la maison de Marlène, à l'université même chose, personne ne semblait la connaître, personne ne se souvenait d'elle, seule ou en ma compagnie, même la compagnie de taxi n'avait pas d'enregistrement sur notre voyage depuis Paris.
Elles et ses amies avaient effacé toute trace de leurs passages.
A la fin, la police conclut à une hallucination due à une forte commotion suivie d'une dépression nerveuse.
Et c'est pourquoi en fin de compte j'ai décidé de m'engager à Starfleet, dans l'espoir de les revoir un jour.


* * * * * * *


Travis avait maintenant fini son histoire. Le silence dans le campement fut absolu pendant trois bonnes minutes.
Puis Malcom se leva et applaudit.
- " Enseigne Travis Mayweather je vous félicite. Vous nous avez bernés dans les grandes largeurs. Vous êtes docteur es imagination, catégorie champion." dit l'officier tactique.
A ces mots la tension retomba brusquement, toute l'assemblée se mit également à applaudir et à féliciter le pilote pour son imagination.
Lui ne dit rien, il se contenta de faire le tour de l'assistance des yeux en souriant.
- " Je suis content de vous avoir divertis. Mais maintenant si cela ne vous dérange pas je vais aller me retirer dans ma tente. " dit-il en se levant et en se dirigeant vers sa tente.

* * * * * * *


Alors qu'il s'était déjà éloigné d'une dizaine de mètres, une voix familière l'interpella.
- " Monsieur Mayweather, je vous raccompagne jusqu'à votre tente si cela ne vous dérange pas. "
- " Au contraire, docteur. "
Le couple d'officiers prit la direction de la tente du pilote tout en discutant de choses et d'autres.
Juste au moment où ils arrivèrent devant la tente du pilote, le docteur Phlox demanda :
- " Enseigne, vous savez qu'en tant que responsable médical de notre vaisseau, j'ai accès au dossier de chaque membre d'équipage ? "
- " Oui docteur. "
- " Je me souviens parfaitement du vôtre. Il y est fait mention d'un traumatisme mal défini au niveau du dos et également que vous avez suivi un traitement médical contre une dépression nerveuse à l'époque de vos études dans l'ancienne capitale française. Alors je me demandais si ... ? "
Le pilote le regarda droit dans les yeux.
- " Bonne nuit, docteur. " dit-il simplement avant d'entrer dans sa tente.



F I N



Commentaires sur cette NouvelleAucun Commentaire

Aucun Commentaire
Poster le Premier Commentaire

Les Nouvelles de Saga

Defiez nos Quizz

Relever le défis ...

La Panne

Fiche Episode ...

"Moi je dois toucher une part.  10% de rien, c'est, si mes calculs sont exacts...  C'est rien, c'est rien du tout, c'est zéro."

Les Nouveaux Passagers

COBB Jayne

Phage

La Phage était une maladie dont étaient affligés les Vidiiens, elle a tué des milliers de patients chaque jour, pendant près de 2.000 ans. La maladie était fortement [...]

Fiche Scientifique ...

Retour aux origines

Retour aux originesSeefra un est assiégée par les troupes d'Ormuz. Des millions de réfugiés se retrouvent sans médicament et sans nourriture. Dylan décide de venir en aide à ces populations en leur envoyant, par téléportation, du matériel de secours. Harper et Hohne, un ami, tente de fabriquer le téléporteur.

En ligne

58 visiteurs en ligne

aucun membre connecté

449 membres inscrits
Valid XHTML  Valid CSS Valid CSS

Back To Top